Couverture Metropolia - Berlin 2099

Metropolia – Berlin 2099

Chronique BD publiée en Août 2025

 

L’IA contre-attaque…

 
Un enquêteur privé du nom de Sasha, a été engagé par le consortium Metropolia pour retrouver, en toute discrétion, une tueuse à gage qui se cacherait au « Florian », l’un des immeubles que gère le groupe. La police a surnommé l’assassin, Cendrillon, car elle aurait perdu dans sa fuite un escarpin connecté.
 
Fred Duval scénariste prolifique à qui l’on doit des séries à succès comme Carmen Mc Callum ou Renaissance, nous a concocté une histoire de science-fiction, intrigante qui se déroule dans un futur pas si lointain et qui fait appel à des technologies à la mode comme l’IA, la domotique et les accessoires connectés. L’auteur a décidé de débuter son scénario d’anticipation en se basant sur 2 postulats. Le premier est qu’en 2030, les machines seraient capables de comprendre ou d’apprendre toute tâche intellectuelle qu’un être humain peut effectuer, ce dont nous sommes assez proches à l’heure où j’écris cette chronique. Le second est qu’en 2099, les politiques financeraient les piétons et surtaxeraient les transports, à tel point qu’il ne serait plus possible, pour une grande partie des habitants, de se déplacer en dehors des villes où ils résident. Ces éléments donnent un angle intéressant à cette BD, qui dépasse le cadre du simple divertissement pour vraiment questionner sur les thèmes d’actualité que sont les dérives technologiques, la place de l’IA dans nos sociétés et l’écologie.
 
 


Extrait 1 - Metropolia - Berlin 2099

 
 
La réflexion inhérente à ce scénario est agrémentée par une histoire de départ qui peut sembler assez classique (retrouver une tueuse à gage et son commanditaire) mais dont la mise en œuvre est digne des grands films d’aventure avec des scènes d’actions spectaculaires et de multiples rebondissements. Le fait que Fred Duval ait décidé de situer son récit dans un Berlin futuriste est assez fascinant. En effet, c’est une ville culturellement et architecturalement assez riche que j’ai toujours eu envie de visiter. Peut-être un de ces jours, puisque mon fils « routard » m’a annoncé dernièrement qu’il voulait aller étudier là-bas. Néanmoins, comme il y a quelques mois, c’était à Genève et encore avant à Valence, je me dis que dans quelques semaines la destination aura de nouveau changé et qu’il faudra que je trouve un autre prétexte pour découvrir cette ville.
 
Je ne connais pas les intentions de Fred Duval, mais je sais que la science-fiction est l’un de ses domaines de prédilection. De plus, l’univers qu’il a créé avec Metropolia me semble propice à d’autres épisodes (d’ailleurs, l’album est sous-titré tome 1). Enfin, son héros est assez sympathique pour être attachant et je le vois bien vivre de nouvelles aventures, pour notre plus grand plaisir. Peut-être est-ce le premier tome d’une longue série, à l’instar de Carmen Mc Callum, ce qui ne serait pas pour me déplaire à condition qu’elle ne soit pas trop longue (je crois que Carmen contient 20 tomes, ce qui peut être onéreux sur le long terme). L’autre condition serait que l’équipe de départ reste la même. En effet, le charme de Metropolia réside dans l’histoire, mais aussi dans les dessins ainsi que dans les couleurs.
 
 

Extrait 2 - Metropolia - Berlin 2099
 
 
Avant de m’apercevoir que cette bande dessinée était éditée par Dargaud, je pensais que la maison d’édition de Berlin 2099 était « Les Humanoïdes Associés » car à la lecture du pitch cela me semblait coller avec leur ligne éditoriale. Mais je n’ai pas été réellement surpris de découvrir lorsque que j’ai acheté cette BD qu’il s’agissait en fait de l’éditeur de Blacksad, Undertaker, Yojimbot ou encore Aion (dont vous pouvez lire une chronique sur ce site) car son catalogue est assez éclectique et de qualité. De même, il publie de nombreux auteurs assez connus et « bankable » comme Pierre Alary avec son Don Vega, Aimée de Jongh avec son adaptation de Sa Majesté des mouches ou encore Wilfrid Lupano et Paul Cauuet pour leur série humoristique Les vieux Fourneaux.
 
Niveau illustration, c’est Ingo Römling qui se cache derrière le coup de crayon de Berlin 2099. Je ne connaissais pas cet auteur auparavant, mais je suis fan de ses dessins expressifs sur cette œuvre. Son trait est fluide, détaillé pour les décors et semi-réaliste pour ses personnages. Il est très adapté aux ambiances de polar de science-fiction en zone urbaine. Le dessinateur, tout comme le scénariste, nous proposent un futur tout à fait crédible. Le ton est donné dès la couverture, simple, mais efficace, avec des couleurs chaudes qui donnent une ambiance onirique, empreinte de technologie. Mention spéciale au coloriste, Christophe Bouchard, dont j’ai adoré le travail sur Berlin 2099. J’ai rarement été aussi impressionné par les couleurs d’une bande dessinée. Elles arrivent à sublimer les planches d’Ingo Römling, qui sont déjà très belles au demeurant. En fait, les coloris apportent un vrai plus à l’histoire, en jouant sur les couleurs vives et les contrastes.
 


Extrait 3 - Metropolia - Berlin 2099

 
 
En conclusion, je dirais que j’ai vraiment apprécié la lecture de cet album, que ce soit le pitch de départ, le déroulé de l’histoire et ses rebondissements, les très beaux dessins ou encore les jeux de couleurs.
 
 

METROPOLIA – BERLIN 2099

Fred Duval & Ingo Römling

56 pages – Couleurs

Date de parution : 11/04/2025

Editeur : Dargaud

Achetez la version papier

Feuilletez un extrait

Acheter la version numérique

La BD, rien que la BD !

Quitter la version mobile