LA VILLE SANS DESSUS DESSOUS

Festival International de Science-Fiction, Les Utopiales 2026

A Nantes, la science-fiction ne se contente pas de raconter le futur, elle le dessine, le met en scène, le questionne et parfois le déforme. C’est pourquoi le festival international de science-fiction, les Utopiales, a choisi le thème des « perspectives » pour l’édition 2026. Il a donné carte blanche à la dessinatrice Léa Murawiec pour réaliser l’affiche officielle, qui invite à bousculer nos perceptions spatiales, temporelles et sociétales. Le visuel mélange trois points de fuite et trois perspectives différentes. L’artiste propose ici une vue de Nantes qui peut littéralement se regarder dans tous les sens, bousculant le jour, la nuit, le haut et le bas.
 
Pour cette 27ème édition, le festival investit la Cité des Congrès pour 4 jours, du 29 octobre au 1er novembre 2026. Comme chaque année à l’automne, la ville fait dialoguer littérature, sciences, cinéma, jeux, arts graphiques et, bien sûr, bande dessinée. Et c’est peut-être en BD que cette idée de la perspective prend toute sa force. Une case suffit parfois à faire surgir une ville inconnue, une planète lointaine, une créature improbable ou une société entièrement nouvelle. Le dessin permet de construire des mondes en quelques traits, de jouer avec les échelles, les couleurs, les ombres et les silences.
 
Cette passion du dessin trouve un écho tout particulier dans le travail de la Bibliothèque Municipale de Nantes, partenaire historique du festival. Depuis plusieurs années, un club de lecture consacré à la bande dessinée de science-fiction (auquel j’ai eu la chance de participer lors d’une précédente édition) lit, échange et débat tout au long de l’année afin de constituer la sélection du Prix Utopiales BD. Stéphane De Caneva et Serge Lehman (lauréats du précédent prix BD) assurent la présidence de ce prix en 2026. Le lauréat sera dévoilé le 31 octobre à 19 h, à la Cité des Congrès.
 
En 2026, six albums sont en lice pour ce prix :

  • The Junction, de Norm Konyu, publié chez Glénat,
  • Karl, de Cyril Bonin, publié aux éditions Sarbacane,
  • La Langue des vipères, de Juliette Brocal, publié chez Rue de Sèvres,
  • Frankenstein, de David Sala, publié chez Casterman,
  • Les Moribonds, de Florence Dupré la Tour, publié chez Casterman,
  • La Meute, de Noëlle Kröger, aux éditions Cambourakis.

 
Six albums, six univers et autant de façons de faire entrer l’imaginaire sur la page. Cette sélection rappelle surtout que la bande dessinée de science-fiction ne se résume pas aux vaisseaux spatiaux et aux futurs technologiques. Elle peut s’intéresser au fantastique, aux monstres, aux mythes, à la peur, aux sociétés humaines ou encore à notre rapport à l’inconnu.
 
C’est aussi ce qui rend la sélection de la Bibliothèque Municipale particulièrement intéressante : elle invite à regarder autant les histoires que les images. Le découpage, la composition d’une planche, le choix d’une couleur, la forme d’un personnage ou la construction d’un décor deviennent des portes d’entrée vers l’univers de chaque artiste.
 
Les Utopiales, c’est donc un rendez-vous privilégié pour celles et ceux qui aiment observer comment se construisent les mondes imaginaires. Les expositions donnent aux illustrations et aux œuvres graphiques une place centrale, tandis que les rencontres permettent de découvrir les démarches des invités. Le festival revendique d’ailleurs une programmation où les différentes disciplines de la science-fiction se croisent constamment. Ici, les auteurs et autrices de BD côtoient scientifiques, écrivains, réalisateurs… pour rappeler que l’imaginaire est aussi une manière d’appréhender le réel.
 
Alors, que l’on soit passionné de science-fiction, amateur de bande dessinée, curieux d’illustration ou simplement désireux de pousser la porte d’un univers différent, les Utopiales offrent une invitation simple : regarder autrement.
 

 


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